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Une bulle immobilière au Canada ? Une analyse critique du régime d’accès la propriété et de financiarisation du patrimoine habité

dimanche 7 mars 2010, par Eric Pineault 2 commentaires

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Une bulle immobilière au Canada ? Une analyse critique du régime d’accès la propriété et de financiarisation du patrimoine habité.

Dans la foulée d’un commentaire de Stephen Jarislowsky sur la surévaluation du marché immobilier montréalais, le texte ci-dessous argumente qu’il y a pas tant une bulle immobilière qu’une bulle du crédit hypothécaire au Canada.

Celle-ci est à comprendre comme une manifestation d’un problème plus général de surendettement des ménages.

Nous illustrons à travers le cas particulier du crédit hypothécaire les structures, actions et politiques conjointes du secteur financier et du gouvernement canadien qui ont contribué à créer et entretenir cette bulle et qui engendre une situation de très grande fragilité pour les ménages salariés endettés.

Nous soulignons la non-viabilité à moyen terme de cette stratégie d’affaires des grandes banques (à laquelle participe activement le mouvement Desjardins) et insistons sur le fait qu’elle constitue un frein au développement d’un modèle alternatif et coopératif ou collectif d’accès à la propriété résidentielle et au logement, un modèle plus écologique et plus socialement viable.

Un tel modèle alternatif impliquerait en premier lieu de remettre en question le régime actuel basé sur la propriété privée et exclusive ainsi que les pratiques de financement que celui-ci permet et qui transforment ce patrimoine en levier d’endettement et en actif financier.

Notre analyse comporte trois sections : dans une première section, nous examinons la question de la présence ou pas d’une bulle immobilière au Canada, dans une seconde nous situons la question de l’excroissance de l’endettement hypothécaire dans la problématique plus générale de l’endettement des ménages au Canada et nous examinons les mécanismes financiers de conversion du patrimoine immobilier en levier d’endettement, dans une dernière section nous présentons les différentes mesures de politiques publiques qui ont contribué à engendrer cette situation et nous le terminons avec un aperçu de quelques alternatives.

LISEZ LE TEXTE COMPLET EN SUIVANT LE LIEN :

http://cafca-uqam.blogspot.com/2010…

2 commentaires sur « Une bulle immobilière au Canada ? Une analyse critique du régime d’accès la propriété et de financiarisation du patrimoine habité »

  • [1] Sidoine a dit le 9 mars @08h40 :

    Bonjour,

    C’est un excellent document. Je trouve les réflexions intéressantes et cela s’arrime bien à mes perceptions personnelles. J’ai hâte de lire la suite.

    Le document est clair et démontre bien que l’immobilier est en problème. Je comprends que l’immobilier n’est pas en bulle, mais qu’il y a au Canada et au Québec une crise du crédit qui l’affecte de façon collatérale. Crise du crédit qui pour se résorber impliquera inévitablement une diminution du prix de l’immobilier. Je comprends que l’immobilier est le principal élément d’actif et que la stabilisation des liquidités des ménages, de l’amélioration des bilans, passera très probablement par leur vente. Cette vente sera de plus en plus nécessaire au fur à mesure que le prix de l’immobilier diminuera à cause de l’offre. C’est un cycle infernal qui s’installera. Le moment critique sera probablement lors de l’augmentation des taux d’intérêt ou d’une crise majeure extérieure tel le dégonflement de la bulle immobilière de Chine.

    J’aurais aimé que la réflexion, que ce document, explore plus profondément un volet qui je crois augmentera l’effet de la crise sur l’immobilier. Il s’agit de la « demande ».

    Aujourd’hui d’où vient la demande pour l’immobilier ? Le taux de vacances est très bas. Est-ce une migration de la population des régions vers les centres tels Montréal et Québec ? Est-ce l’immigration ? Est-ce la natalité ? Les divorces ?

    Je crois que cela vient d’une « spéculation » au sein des couples. L’immobilier monte plus vite que les salaires alors pourquoi se départir de sa maison pour vivre avec l’autre ?

    Mon hypothèse est que plusieurs biens immobiliers sont détenus par des personnes seules. Ces personnes sont quand même en couple, mais chacun vit dans son logement.

    Si une crise survient affectant négativement le prix de l’immobilier, ces personnes voudront prendre leur profit, protéger leur bilan et mettrons en vente un des actifs immobiliers. Ils se regrouperont ensemble, en couple.

    Il y aura alors compression rapide du nombre de ménages ce qui accélérera rapidement la disponibilité de l’offre. Ils auront peur de perdre leur profit. Le marché deviendra alors très rapidement et fortement « vendeur ».

    J’aimerais énormément savoir ce que pensent des experts comme vous de cette hypothèse ?

    Peu importe l’angle d’analyse que j’examine, l’immobilier est condamné à diminuer. Seule l’anticipation exagérée de profit future la soutient. C’est pour moi la définition d’une bulle.

    Merci d’avance de me répondre.

    Sidoine

  • [2] patricegroleau a dit le 8 août @10h57 :

    Le profil des acheteurs Montréalais a bien changé au cour des dernières années. La vague américaine avec leur dollar fort et ensuite les Européens avec leur Euro est bel et bien terminée. Oui il y a encore des américains et des européens qui achètent mais leur nombre est nettement moindre. Bien que Montréal soit encore la ville la plus abordable des villes importantes du G8 et que l’intérêt international pour le Canada ne cesse de croître notre dollar fort joue pour beaucoup. On voit aujourd’hui plutôt des acheteurs étrangers désirant être résidents plutôt que des investisseurs. C’est plutôt les Québécois qui débarquent aujourd’hui au États-Unis pour investir leur dollar canadien fort dans des propriétés américaines dont les prix sont au plancher. Il n’y a pas eu de bulle immobilière au Québec je crois pour deux raisons majeures, bien que les investisseurs étrangers étaient présents une bulle ne peut exister que si les résidents locaux investissent aussi massivement. Mais voilà les Baby-boomers qui proviennent de familles nombreuses ouvrières ou paysannes plutôt pauvres ont toujours une relation prudente avec l’argent. Il ne sont pas des spéculateurs à la base. Avec la chute des bourses ils ont été plusieurs à préférer investir dans la pierre mais c’est un phénomène nouveau chez nous. Nous avons été une des dernière économie à être touchée par la crise et l’une des première économie à n’en sortir. Les gens ont attendu de voir si la crise allait être sévère chez nous, une fois le risque passé ils ont acheté massivement. Le système bancaire canadien est présentement l’un des plus solides au monde. Avec la hausse des taux annoncée les gens ont précipités leurs achats immobiliers, nous avons connu un des meilleur début d’année de notre histoire. Les prix augmentent, les propriétés se vendent rapidement pas à cause de la spéculation mais bien par une rareté et la hausse des coûts de construction. La forte croissance de l’urbanisation de la ville de Montréal est explicable du fait que Montréal est une île, son expansion géographique est limitée, comme Manhattan. Les prix des propriétés augmenteront donc plus rapidement en ville que dans les banlieues, les terrains étant de plus en plus rare. Les jeunes professionnels commencent à voir qu’il y a d’autres modèle que le bungalow en banlieue dans lequel ils ont grandi et les baby-boomers dont les enfants ont quittés la maison font un retour à la ville. Ils recherchent une bonne qualité de vie, de services à distance de marche, d’une circulation réduite et plus encore. Montréal répond aux besoins de la vie quotidienne tout en limitant les dépenses. Au cours des prochaines années, les gens délaisseront les banlieues pour revenir habiter à Montréal le gouvernement ne pourra supporter les écoles, hôpitaux, infrastructure routière à l’extérieur des grands centres. La population du Québec n’est pas assez pour la dimension du territoire. Montréal est une ville du savoir, la plus Européenne des Amériques, les gens aiment Montréal, c’est l’immobilier qui en bénéficie.

    McGill immobilier

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